Un scénario CRM fige ce que vous savez de vos clients au moment de sa construction, et continue de s'appuyer dessus pendant des mois, parfois des années. Batch a identifié ce point mort, commun à la quasi-totalité des orchestrations, et y répond avec deux fonctionnalités sorties dernièrement : les agrégats de ciblage et le Best Send Time. Les deux recalculent une décision à chaque exécution, sur la donnée la plus fraîche disponible, plutôt qu'une fois pour toutes à la construction du scénario.
À retenir
- Un scénario CRM figé applique aux clients d'aujourd'hui une décision prise plusieurs mois plus tôt.
- Les agrégats de ciblage calculent la valeur d'un client (dépense cumulée, panier moyen, achat le plus élevé) à l'exécution de l'orchestration, sans segment stocké à synchroniser.
- Best Send Time recalcule l'heure d'envoi optimale profil par profil, à chaque passage, plutôt qu'une moyenne figée par un A/B test annuel.
- La preuve de l'effet se construit avec une branche témoin, seule mesure qui isole ce que change réellement le ciblage ou l'horaire.
- Gartner mesure à 49% le taux d'utilisation moyen des stacks martech : la charge d'entretien des scénarios plafonne l'ambition CRM plus sûrement que le manque d'outils.
Pourquoi un scénario CRM reste-t-il figé alors que vos clients changent chaque jour ?
Construire une orchestration demande une série de décisions : qui est un bon client, à partir de quel montant, à quelle heure le contacter, quel message pour quel profil. Chacune de ces décisions reflète ce que vous saviez ce jour-là. Elles partent ensuite en production, et elles y restent.
Le contenu du message, lui, est devenu dynamique depuis longtemps. Personnalisation, contenu conditionnel, catalogue produit : ces briques sont acquises chez la plupart des équipes CRM. Mais personnaliser un message ne change pas grand-chose si la décision qui a fait entrer le client dans le scénario date de trois mois. Ce décalage entre un contenu qui s'adapte en permanence et une orchestration qui, elle, ne bouge plus, est devenu le fil conducteur de la feuille de route produit de Batch sur 2026.
Quelles décisions restent figées dans une orchestration CRM ?
Deux décisions concentrent l'essentiel du problème : qui entre dans le scénario, et à quel moment il reçoit le message.
Prenez un client qui dépense 400€ un mercredi soir. Votre logique de fidélité se déclenche à 500€ cumulés. Si ce cumul provient d'un calcul relancé chaque nuit, ce client n'existe pas pour votre scénario avant le lendemain matin. Si votre équipe data pousse une mise à jour une fois par semaine, il n'existe pas avant lundi. Dans les deux cas, le moment où il était le plus réceptif est déjà passé.
L'heure d'envoi pose le même problème. Une campagne partie à 10h est partie à 10h pour toute votre base, y compris pour la part de vos clients qui n'ouvre jamais rien avant midi. Vous le savez, et vous choisissez quand même une heure, parce qu'il faut bien en choisir une.
Comment les agrégats de ciblage calculent-ils la valeur d'un client en temps réel ?
Depuis août 2026, trois fonctions d'agrégation sont disponibles sur le ciblage événementiel : Total, Average et Max, chacune avec une variante since qui borne le calcul à une fenêtre de temps donnée. Elles s'appliquent aux attributs numériques de vos événements, le montant d'un achat par exemple.
Aggregates
Ce que ça débloque concrètement :
Ce qu'un client a dépensé chez vous sur 6 mois devient un critère de ciblage direct, et non plus un attribut calculé ailleurs puis synchronisé.
Son panier moyen devient une porte d'entrée naturelle vers un parcours de montée en gamme.
Son achat le plus élevé révèle un potentiel que sa fréquence d'achat, seule, aurait masqué.
Le scoring RFM complet devient natif : la récence et la fréquence étaient déjà disponibles, seul le montant manquait.
La nouveauté n'est pas que ce calcul existe, c'est qu'il s'exécute pour chaque profil qui traverse l'orchestration, au moment où elle s'exécute. Plus de segment stocké quelque part, donc plus de segment périmé, plus de synchronisation à surveiller, plus de ticket à ouvrir auprès de l'équipe data pour faire évoluer une règle. Les 15 scores prédictifs de Batch AI Predict poursuivent le même objectif par une autre voie : calculer en continu qui sont vos clients et ce qu'ils s'apprêtent à faire, pour que vos programmes s'adaptent sans intervention.
Comment Best Send Time remplace-t-il l'A/B test d'horaire d'envoi ?
L'heure d'envoi est le paramètre sur lequel le marché entier s'est habitué à se contenter d'une moyenne. La pratique standard reste l'A/B test d'horaire : on teste 9h contre 18h, on garde le gagnant, on refait l'exercice quelques mois plus tard. Cette méthode impose trois limites qu'on accepte sans vraiment les remettre en question :
Le gagnant est un gagnant moyen, donc un mauvais choix pour tous les profils qui ne sont pas dans le groupe majoritaire.
Il se périme entre deux campagnes de test, sans que personne ne s'en rende compte.
Tester de nombreux horaires est impossible sans subdiviser finement l'audience, ce qui fragilise la fiabilité du test. Les équipes se limitent donc en général à deux heures choisies arbitrairement, ce qui biaise l'exercice dès le départ.
Best Send Time, sorti en mai 2026, répond à ces trois limites avec une étape d'attente dans l'Automation Builder : elle relâche chaque profil à son heure de pic d'engagement personnel. Vous ne choisissez plus une heure unique, vous fixez une heure de repli pour les profils sans historique suffisant, et le calcul se refait à chaque passage dans le scénario.
Best Send Time
À quoi ressemble un parcours de fidélité construit avec les agrégats et Best Send Time ?
Prenez un programme de fidélité, celui que presque toutes les marques CRM font tourner.
Construit à l'ancienne, il se joue en trois temps. Un achat de forte valeur fait entrer une personne dans le parcours. Une liste de clients fidèles, produite chaque semaine par l'équipe IT, détermine si elle reçoit le message dédié, qui part alors à 16h le lendemain de l'achat. L'heure est fixe et le ciblage a une semaine de retard.
Construit avec les agrégats et Best Send Time, le même programme fonctionne différemment. La personne entre dans le parcours. Un calcul d'agrégat, exécuté dans Batch sur une règle que l'équipe marketing peut modifier elle-même, vérifie si elle est fidèle. Le message part ensuite au moment le plus opportun pour cette personne précise. Rien n'est produit à l'avance : ni la liste, ni l'horaire.
Comment cette automatisation change-t-elle le rôle d'une équipe CRM ?
Elle change la nature de ce qu'on lui demande de produire.
Aujourd'hui, une équipe CRM livre des scénarios : des objets finis, avec des valeurs figées à l'intérieur, qu'il faut réviser régulièrement. La charge de maintenance croît avec le nombre de scénarios en production, et elle finit par plafonner l'ambition de toute l'équipe. C'est l'une des raisons pour lesquelles Gartner mesure à 49% le taux d'utilisation moyen des stacks martech : la moitié de ce qui est payé n'est jamais réellement exploitée, souvent parce que personne n'a le temps de la mettre en place puis de l'entretenir.
Avec les agrégats et Best Send Time, une équipe CRM livre des règles plutôt que des valeurs. Par exemple, prenons la règle suivante : les clients à plus de 500€ sur 6 mois entrent dans ce parcours, chacun à son heure de meilleure réceptivité.
Cette règle ne se révise pas tous les mois : elle s'applique à une population qui change d'elle-même. Dans les entretiens que Batch mène régulièrement avec ses clients, les responsables CRM les plus avancés décrivent leur rôle en termes de chef d'orchestre : poser le cadre, arbitrer les priorités, et ne plus passer ses semaines à recalculer à la main ce qu'une machine peut recalculer seule.
Comment mesurer l'effet réel des agrégats et de Best Send Time sur vos campagnes ?
Avec une branche témoin, pas avec une comparaison avant/après.
Le protocole tient dans une seule orchestration : un split, une branche qui passe par l'étape Best Send Time, une branche qui part à heure fixe. Même message, même population, même période. Vous comparez ensuite le taux de clic et le taux de conversion des deux branches. Le même exercice vaut pour le ciblage : une branche sur un critère calculé à l'exécution, une branche sur votre segment historique.
C'est la seule mesure qui isole réellement l'effet du changement. Comparer les performances d'une automation avant et après son activation ne prouve rien, parce que la saisonnalité, le contenu et la pression commerciale évoluent tous en même temps sur cette période. Un directeur marketing qui doit défendre un arbitrage devant sa direction financière a besoin de la première mesure, pas de la seconde.
Quel contrôle les équipes CRM gardent-elles sur le ciblage et l'heure d'envoi ?
Tout ce qui relève de l'intention reste entre les mains de l'équipe marketing. Le cadre demeure explicite : c'est elle qui pose la règle métier, le montant, la fenêtre d'observation, l'heure de repli, la population exclue. Ce qui est délégué à Batch, c'est le calcul, jamais la décision de ce qui compte. Une orchestration vivante n'est pas une orchestration opaque : chaque critère reste lisible et modifiable dans l'interface, et le résultat reste vérifiable profil par profil.
En résumé
Batch construit sa plateforme sur un principe simple : une décision qui dépend de la donnée client doit être prise quand cette donnée est fraîche, pas au moment où l'orchestration a été construite. Les agrégats de ciblage et Best Send Time en sont deux applications concrètes, et d'autres suivront sur ce même principe.
Alaïs Pluyaud
Sr Product Manager @ Batch