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Deliverability Summit : les idées qui ont changé 
notre façon de voir l'email

Data & Tech

4 mai 2026 · Rédigé par Joanna Masorz

En avril, l'équipe Deliverability de Batch était au Deliverability Summit à Barcelone. Trois jours de conférences, de tables rondes et d'échanges à La Pedrera, avec au programme les praticiens les plus expérimentés de l'écosystème email : ESPs, éditeurs MTA, opérateurs de blocklists, mailbox providers, consultants délivrabilité... Ci-dessous, un résumé des sessions et des idées qui méritent d'être partagées.

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L'email est une infrastructure, pas un simple canal

La keynote d'ouverture d'EasyDMARC a donné le ton de l'événement : l'email n'est pas un outil marketing qui utilise un protocole. C'est une infrastructure critique.

Ce cadrage change tout. La façon de penser l'authentification. La gestion des bounces. Le choix des fournisseurs. Ce fil rouge a traversé les trois jours.

Ce qui bloque vraiment les senders en 2026

David Finger de Seznam (mailbox provider tchèque) a apporté la perspective du côté receveur. Un retour utile : les signaux qui pèsent vraiment ne sont pas toujours ceux sur lesquels les senders se concentrent.

Les spam traps (adresses email spéciales conçues pour détecter spammeurs et listes illégales) restent l'un des indicateurs les plus révélateurs d'une mauvaise hygiène de liste. Souvent plus parlants que les taux de plainte seuls. La réputation ne se résume pas au contenu. Et tenter de contourner les systèmes de filtrage finit presque toujours par se retourner contre celui qui essaie.

La table ronde blocklists et réputation, avec des représentants de Spamhaus, SURBL, Proofpoint et Hornetsecurity, a confirmé ce constat. Une idée fausse est revenue à plusieurs reprises : les spam traps sont souvent traités comme des cas isolés. Ils sont en réalité un signal direct de problème d'hygiène de liste.

Conseils aux senders

Soignez votre hygiène de listes. Les spam traps sont difficiles à identifier directement. Ils proviennent souvent d'adresses mal collectées ou de contacts inactifs depuis longtemps. Garder votre base propre et opt-in reste essentiel pour protéger votre réputation d'expéditeur et tenir vos taux de délivrabilité.

Les Best practices d'hygiène de listes
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Le monitoring n'est pas optionnel, et ne se résume pas aux taux de plainte

Andrey Sas de Social Discovery Group a livré l'une des présentations les plus pratiques de l'événement. Une architecture complète de monitoring email à grande échelle. Son message principal : les taux de plainte sont un indicateur retardé. Quand ils montent, le problème est déjà là depuis un moment.

Une stack de monitoring complète couvre :

  • Les anomalies d'envoi côté produit (volume, CTR, taux de confirmation parmi les nouveaux utilisateurs)

  • Les logs de delivery du MTA

  • Les données Google Postmaster Tools (taux de spam, SPF/DKIM/DMARC)

  • Les FBL (Feedback Loops)

  • Le tracking blocklists sur une sélection critique (Proofpoint étant un cas connu de liste non monitorable)

Les métriques doivent être segmentées sur plusieurs dimensions : par mailbox provider, par IP, par ligne produit.

C'est exactement comme ça qu'on aborde le monitoring chez Batch. L'objectif : remonter les problèmes avant que les destinataires les vivent. Pas après.

Conseil aux senders

Chez Batch, on combine une phase de cadrage projet structurée et un suivi serré des KPIs dès les premiers jours du warm-up. C'est ce qui permet d'identifier les problèmes potentiels tôt, et de les traiter avant qu'ils n'affectent la performance ou la délivrabilité.

Bounces : « temporaire » ne veut pas dire « sans conséquence »

Syed Alam de Postmastery a remis en cause un raccourci courant : traiter les deferrals 4xx comme des non-événements parce qu'ils sont classés « temporaires ». Son argument est précis : les deferrals contiennent une information de diagnostic.

Chaque deferral indique où se situe la cause :

  • Au niveau du sender (réputation IP, volume)

  • Au niveau du domaine (authentification, alignement DMARC)

  • Au niveau du destinataire (boîte pleine, utilisateur inconnu)

  • Au niveau de la politique (filtrage de contenu, rate limits)

La stratégie de retry compte. Une logique de retry plus fine, informée par la classification du deferral, donne moins de retries et une meilleure vitesse de delivery. Pas l'inverse.

Sa formule : un soft devient un hard quand le temps plus les retries égalent une décision. Traiter tous les 4xx de la même façon n'est pas un choix neutre. C'est une opportunité de diagnostic ratée.

Conseil aux senders

Chez Batch, on gère ces scénarios de façon proactive. Les soft bounces sont traités différemment selon leur type et leur fréquence. Exemple : les cas « mailbox full » sont placés en suppression après cinq occurrences consécutives.

Suppression rules
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Le blueprint des publishers : la conformité n'est pas la délivrabilité

Florin Armasu de Data Innovation a posé une distinction qu'on perd souvent de vue : conformité et délivrabilité sont deux problèmes liés mais différents.

La conformité, c'est suivre les règles. La délivrabilité, c'est générer du revenu en suivant les règles. Optimiser uniquement pour la conformité (zéro plainte, zéro risque) finit par produire zéro revenu. Les deux leviers se gèrent séparément.

Gérer la délivrabilité dans les industries sensibles

Josephine Skinner d'Omnivery s'est attaquée à la délivrabilité dans les secteurs à profil de risque élevé. Adult content, jeux d'argent, cryptomonnaie, pharmaceutique, recouvrement de créances. Deux citations issues de ses échanges côté receveurs valent d'être retenues : « Vous pouvez envoyer ce que vous voulez, mais soyez prêts à le faire bien » (Yahoo) et « Tant que c'est attendu, vous pouvez envoyer n'importe quoi » (Google). Les mots qui comptent dans les deux : intention et hygiène.

Crypto, compléments alimentaires : ces secteurs ne sont pas intrinsèquement non délivrables. Ils opèrent dans des écosystèmes où les abus sont nombreux. Le seuil d'exigence est donc plus haut.

Quelques règles qu'elle a posées :

  • Le double opt-in n'est pas optionnel

  • Segmentation et cadence d'envoi doivent être plus serrées

  • Le contenu doit pencher du côté de l'éducation, pas de la promotion

  • Être à proximité de mauvais acteurs sur la même verticale crée un risque d'association de réputation, indépendamment du comportement individuel

Sa conclusion pratique : vetter les senders en amont et accepter de couper la relation avec ceux qui transgressent les règles, y compris les gros clients, fait partie du job.

DKIM2 : une nouvelle ère pour l'authentification email

Le Professeur Richard Clayton, de l'Université de Cambridge, a présenté DKIM2. Le successeur proposé du standard d'authentification email en place depuis plus de 20 ans. DKIM a fait son travail, mais ses faiblesses sont connues :

  • Les replay attacks : un email signé valide est réutilisé pour exploiter la réputation du sender d'origine

  • La rupture de signature, causée par les forwards et la réécriture de liens

  • Le backscatter des messages de bounce envoyés pour des emails que le sender supposé n'a jamais émis

DKIM2 est conçu pour traiter les trois.

Les changements sont importants au niveau de l'infrastructure. Mais l'impact pour les senders sera minime. Le gros du travail tombe sur les ESPs et les mailbox providers. Les ESPs devront supporter des couches de signature additionnelles et gérer différemment les réponses inbound, y compris les bounces différés. Les mailbox providers, eux, gagnent quelque chose de précieux : la visibilité sur l'historique complet de transformation d'un message, pas juste son état final. Ce qui ouvre la porte à des signaux spam et abuse plus précis.

DKIM2 est encore en développement actif au sein du groupe de travail IETF. Le Professeur Clayton a confirmé que le code est déjà écrit. Les premiers mailbox providers devraient commencer à le tester vers fin 2026. DMARC restera essentiel grâce à son rôle de reporting. Pour suivre la spec en cours, le draft est disponible sur l'IETF datatracker.

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Ce qu'on en retient

Le summit a confirmé certaines directions déjà centrales dans notre approche de la délivrabilité chez Batch. Et en a affiné d'autres.

Le monitoring doit aller au-delà des taux de plainte. La stack complète (logs MTA, Postmaster Tools, données FBL, tracking blocklists segmenté par IP et par mailbox provider, détection d'anomalies au niveau produit) permet d'intervenir plus tôt. On continue à construire dans cette direction pour nos clients.

La distinction conformité versus délivrabilité mérite d'être posée explicitement avec les clients. Les deux comptent. Mais ce ne sont pas le même levier. Les confondre conduit à des stratégies d'envoi trop conservatrices, qui pénalisent la performance sans améliorer la réputation.

DKIM2 arrive. Le moment de s'y intéresser, c'est maintenant. Pour les senders, les changements seront limités. Pour les ESPs, les ajustements sur les couches de signature et la gestion des bounces demanderont de la préparation. On suit l'avancée du groupe de travail IETF et on partagera les updates au fur et à mesure que la spec mûrit.

La question de l'infrastructure évolue. Les outils open-source ont mûri. Les services managés évoluent. Les senders posent des questions plus sophistiquées sur l'ownership et le contrôle. Cette conversation va prendre de l'ampleur dans les prochaines années.

Le Deliverability Summit reste l'un des rares événements où ceux qui opèrent les systèmes de filtrage et ceux qui cherchent à atteindre les inboxes sont dans la même salle. Cette proximité produit des conversations qu'on ne trouve nulle part ailleurs. On y retournera !

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Joanna Masorz

Senior Deliverability Manager @ Batch

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